Émeute au Transvaal

Titre original : Transvaal Episode (1956)

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Traduction
traduit de l'anglais par Anne Garnier
Collection
Parution
Octobre 2008
ISBN
9782915727166
Pages
366

Dans la courte préface de son roman, publié pour la première fois en 1956, Harry Bloom écrivait de la ville de Nelstroom, qu’elle n’avait « aucune existence en-dehors de ce livre », et n’était destinée qu’à décrire « une ville moyenne typique du Transvaal », la région autour de Johannesburg, capitale de l’industrie minière sud-africaine. Il ajoutait que son roman visait à « décrire et à faire apparaître les spécificités d’un épisode de vie en Afrique du Sud ». Le titre anglais original de ce roman, Transvaal Episode (Épisode au Transvaal), soulignait que ce qui y était décrit faisait partie intégrante de la vie "normale" de la région. La "vie normale" en 1953, année où l’auteur situe l’action de son roman, c’était "l’apartheid", "séparation" en langue afrikaans, monstrueux édifice législatif et policier qui imposait la ségrégation entre les prétendues races, jusque dans les moindres détails de la vie quotidienne en Afrique du Sud.La domination impérialiste a engendré bien des formes d’oppression de par le monde. Le système de l’apartheid en a été un des plus abjects. Ce système a été progressivement mis en place depuis la fondation de la colonie du Cap en 1652 par des migrants originaires des Pays-Bas, puis aggravé sous la domination coloniale britannique, enfin poussé jusqu’à ses ultimes aberrations à partir de 1948. Les explosions de colère, comme celle décrite par Harry Bloom, furent, pendant de nombreuses années, l’expression la plus visible de la résistance des ghettos noirs à l’apartheid. Des milliers de combattants contre le système comme Walter Mabaso, le personnage central du livre, sortirent de ces explosions, et furent à l’origine des puissantes organisations noires dans les ghettos, dans les mines et dans les usines. Elles contribuèrent grandement à ébranler le régime d’apartheid. Et il céda. Non pas parce qu’il était condamnable, non pas parce qu’il était barbare, inhumain, ignoble; sinon il aurait dû s’effondrer depuis longtemps. Il a dû se soumettre simplement parce que ceux qui en ont été les victimes ne l’acceptaient plus. Ces luttes finirent par mettre à bas le régime de l’apartheid après quarante-trois ans d’un combat sans relâche. Le 30 juin 1991 a été la date de son abolition officielle. Le roman de Harry Bloom parvient à décrire toute l’horreur du système à travers ses personnages, les victimes comme les bourreaux, leurs sentiments, leur univers mental, jamais simplifiés ou caricaturés. Un roman indispensable pour comprendre l’apartheid.